Projection-Rencontre "C'est ma liberté"
organisé par la FMH et PDM Paris le 17-01-09
Madeleine Cord
C’est avec un regard et une écoute de psychologue de PDM que je vais vous proposer quelques pistes de réflexions autour de la personne handicapée.
Notre association s’est fondée et se centre sur la dimension psychique de chaque personne tant dans sa dimension individuelle que collective et sociale
Cet équilibre psychique de la personne peut se trouver menacé, voire atteint lorsqu’il rencontre dans sa vie une détresse matérielle, physique ou humaine.
Que dire de la souffrance psychique de la personne malade et handicapée ?
C’est d’abord souvent une souffrance invisible, qui est intérieure.
En premier une atteinte narcissique qui peut aller jusqu’à toucher son identité et le sentiment de sa propre valeur.
Ceci va se traduire souvent dans un vécu de honte :
- la honte de ne pas être comme les autres ;
- la honte de soi même ;
- la honte de sa différence, de ne pas correspondre aux attentes, aux désirs d’abord imaginaires des autres, de ses parents de la société avec ses normes supposés et attendues, ses croyances.
La déception puis la honte d’être d’emblée mis hors circuit, exclu par l’autre à cause de sa différence.
Tous ces mécanismes prennent leur source dans la difficulté pour tout être humain à accepter à supporter chez l’autre ce qui est différent de lui.
Il en est de même des fonctionnements collectifs, des groupes sociaux constitués, des lieux du travail, dans lesquelles l’identité des groupes et leur culture se constituent d’abord sur des représentations qui exclue la différence, elle se forge sur du même, ce qui exige de mettre en dehors de soi et du groupe ce qui est différent.
Ces mécanismes de base, primaires, nous les retrouvons autant quand nous portons notre attention, sur le fonctionnement des groupes, de la société vis à vis des personnes au chômage, des personnes handicapées, des habitants de la rue …
Ainsi une différence qui vient de la personne handicapée se trouve refusée voire rejetée par l’autre, par la société. Et la personne handicapée se vit non acceptée rejetée par les autres, voire annulée.
Le poids du regard des autres, la souffrance de supporter ce que le regard des autres vous renvoie de votre différence voire de votre étrangeté peut être immense.
D’où des mécanismes pour se protéger se mettent en place de repli sur soi, de recherche de rester dans l’ombre, inaperçu, des vécus d’exclusion peuvent être alors vivement ressentis.
Un manque de confiance en soi prend le dessus.
Enfin, des réactions de haine et d’agressivité font leur apparition et peuvent se retourner sur la personne elle-même.







